Publié le 02/07/2009 à 19:48 par toulonactu
Grand débat sur l’âge de la retraite dans « Aujourd’hui en France » du 22 juin 2009.
« Un débat inévitable » selon le gouvernement ; « augmenter l’âge légal de la retraite : la piste est régulièrement avancée par les experts pour combler le trou de l’assurance vieillesse (7,7 milliards en 2009) ».
« Voyez », disent les journalistes benêts ou vendus, « la retraite est à 65 ans dans la plupart des pays de l’Union ».
Quant aux syndicats, ils y voient « un recul pour les salariés » et réclament « d’autres solutions de financement », c’est à dire augmenter les impôts sur la fortune, alors qu’ils savent très bien que c’est une idiotie, puisque personne n’est capable d’empêcher les riches d’aller mettre leur fortune ailleurs.
En fait le véritable débat n’est jamais ouvert, et les salariés, du moins pour ce qu’il en reste, sont sacrifiés une nouvelle fois sur l’autel du libre-échange absolu, de l’ultralibéralisme. Personne ne met en cause un système aux conséquences néfastes, destructrices de nos sociétés.
Or pourquoi les caisses de l’assurance vieillesse sont elles vides ? Parce que depuis vingt ans les délocalisations se sont multipliées avec l’assentiment de tous les gouvernements de droite comme de gauche, complètements acquis à cette idéologie de la mondialisation de la Finance, totalement
en contradiction d’ailleurs, avec la théorie économique classique *.
Depuis que l’Organisation mondiale du commerce (OMC) s’est échinée à supprimer tous les obstacles à la liberté des échanges quels qu’ils soient, la France ne fabrique quasiment plus rien, et elle est donc obligée d’acheter la quasi totalité des produits qu’elle consomme à l’extérieur.
« Avec une présentation des faits qui travestit la vérité par ignorance ou dessein, le protectionnisme apparaît comme un véritable tabou. Le refus d’identifier le libre-échange comme cause de la tourmente actuelle, montre que ses partisans ont quitté l’univers de la réflexion pour entrer dans celui de la pensée magique. » Le Monde Diplomatique, mars 2009
Le libre-échange poussé dans ses extrêmes a provoqué la multiplication des délocalisations des entreprises vers les pays à bas coût salarial et à faible protection sociale et écologique, en augmentant le chômage, en faisant pression sur les salaires et sur les acquis sociaux.
La seule solution pour faire revenir les entreprises, donc pour dynamiser l’emploi, et pour ré-alimenter les caisses de l’assurance vieillesse, tout en améliorent le pouvoir d’achat, c’est de briser le tabou et d’instaurer enfin un certain protectionnisme. Il s’agit de l’éco-taxe et de la socio-taxe sur les produits en provenance des pays qui ne respectent ni le droit du travail, ni aucune charte de préservation de l’environnement. Une taxation que ni la gauche ni la droite ne proposent parce que les nations européennes n’ont plus aucun pouvoir ; l’Organisation Mondiale du Commerce interdit de telles taxes. Or l’OMC est une organisation noyautée par les responsables des multinationales, des gens qui n’ont été élus par personne et qui pourtant font la loi sur toute la planète.
En revanche, les État-Unis font ce qu’ils veulent : « Pékin accuse Washington de protectionnisme » (Le Figaro du 24/01/2008). Et les Chinois aussi : « Pékin a fait passer auprès des autorités locales du pays un mot d’ordre : "Achetez chinois" » (Le Monde du 19 /06/2009). La Chine vient d’instaurer des taxes sur ses exportations de matières premières (fer, cuivre, aluminium) pour empêcher qu’elles sortent du pays, au grand dam des États-Unis.
Jamais le dessous des cartes n’est présenté dans les médias, détenus par les grands groupes industriels qui tirent profit de ce système inique. Système inique puisqu’il y a de plus en plus de riches dans le monde… et de plus en plus de pauvres ; c’est le résultat d’un système où seul la rentabilité à court terme est recherchée, sans se soucier des conséquences sur les populations. Alors que la productivité qui a atteint des chiffres inouïs depuis un siècle aurait dû générer une société de paix et de redistribution.
Et aujourd’hui chaque catégorie sociale, chaque corporation, descend à tour de rôle dans la rue pour tenter de préserver son pré carré qui se réduit jour après jour ; mais jamais ne se lève un mouvement de révolte générale sur un sujet qui pourtant concerne tout le monde : le retour à la rationalité économique, où dans le cadre de l’Union, chaque pays, peut négocier avec le reste du monde de ses importations et de ses exportations. Il est illusoire de prôner une politique sociale dans un pays qui a perdu son potentiel industriel. C’est un mensonge de faire croire qu’un pays peut vivre seulement avec des services et une administration. Un pays dont le déficit commercial est sans fin et toujours plus important, perd son indépendance politique et économique, et se retrouve sous la domination des banques et des institutions financières internationales.
Pour Karl Marx, le capitalisme était nécessaire, puisqu’il permettait une accumulation des moyens de production, que les salariés devaient s’approprier dans une deuxième phase, afin d’instaurer le socialisme. Or le libre-échange absolu, ou ultralibéralisme, grâce au pétrole gaspillé et pas cher, ainsi qu’aux possibilités apportées par l’informatique et l’Intranet, en délocalisant les moyens de production, là où ça lui chante, évite ainsi, d’abord, les revendications des salariés, ensuite, le risque de nationalisation, et enfin les normes de respect de l’environnement de plus en plus sévères. C’est ainsi que le marxisme et tout ce qui en découle est devenu obsolète, et que le capitalisme financier qui a remplacé le capitalisme industriel, est devenu un prédateur absolu destructeur des sociétés du Nord comme de celles du Sud, donc à abattre !
Plutôt que de gaspiller l’énergie des citoyens à des revendications catégorielles, il s’agit plutôt aujourd’hui, d’obliger les politiques à participer à l’élaboration d’un nouveau système, où le critère dominant ne soit plus le profit, et qui tienne compte, réellement, de la protection de l’environnement et de la préservation des ressources pour les générations futures.
* La théorie de l’échange de David Ricardo (1772-1824), un des papes du libéralisme, démontrait par exemple, que l’Angleterre avait intérêt à se spécialiser dans le tissage afin de vendre une partie de sa production à l’Espagne, qui elle, ne disposait pas de si bons ateliers, et qu’en revanche l’Espagne pouvait vendre du vin à l’Angleterre, qui ne pourrait jamais en produire de si bon.
Certes la puissance économique de l’Angleterre au XIXe fut surtout due au colonialisme, mais ses économistes, ses élus et ses journalistes semblent être allés à meilleure école que les nôtres ; ils n’auraient jamais imaginé délocaliser leurs ateliers de tissage en Espagne sous prétexte que la main d’œuvre y était moins chère. Extrait d’un blog précédent.
Philippe Annaba, auteur de « Bienheureux les enfants de la Mère ».
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Publié le 05/03/2009 à 12:00 par toulonactu
De plus en plus de clapiers à Toulon.
La ville de Toulon est fière, la presse locale aussi (Var-Matin du 4 mars 2009). Pensez : malgré la crise, 1000 logements sont en construction !
À Toulon (avenue Colonel Fabien, boulevard Mège, etc.) une cinquantaine de belles villas sont rasées, des cèdres du Liban et autres palmiers et magnolias plusieurs fois centenaires sont abattus sans aucun état d’âme. De tels crimes se paieront très cher. Toulon n’est plus que béton, avec de plus en plus de voitures, des réseaux d’assainissement vétustes et saturés, la pluie qui ruisselle et va directement à la mer, les gens les uns sur les autres et qui se supportent de moins en moins, l’agressivité qui monte. Et les gogos qui répliquent : « Ils faut bien loger le monde ! ».
Quelle vision à courte vue. C’est l’homme qu’il faut adapter à la nature et non l’environnement à sa prolifération démente ! Depuis longtemps les politiques auraient dû profiter des progrès de l’informatique et de l’approche du « pic du pétrole » pour développer le travail chez soi et permettre ainsi un déplacement de la population en zone périphérique ou rurale, au lieu de toujours rendre la ville plus concentrationnaire, avec ses conséquences sur les incivilités, l’agressivité et la violence.
Le discours sur le « Développement durable », n’est vraiment qu’une sacrée fumisterie. Ces immenses clapiers que l’on continue à construire en dépit de toute logique, ne servent en fait qu’à rempli les poches des promoteurs et les finances des communes (multiplication sur un même espace des impôts fonciers et locaux par 50). La France est le pays d’Europe où les grandes villes comptent le moins d’espaces verts, mais on continue cette urbanisation absurde. Lorsque le pétrole reviendra à son véritable coût, comment vont donc se nourrir tous ces citadins sans jardins, alors que les légumes de l’Andalousie vont être de plus en plus chers ?
Les gens sont tout le temps dans la rue pour défendre leurs privilèges corporatistes, mais jamais pour défendre le cadre de vie de leurs enfants, qui chaque jour se détériore un peu plus sous l’action des flibustiers de la finance et des politiques aussi arrivistes que corrompus.
Les gens ne cessent de pleurnicher mais il n’y a jamais eu autant de monde sur le pistes de ski !
Les gens se moquent des paroles de bon sens, mais se pâment à l’écoute des chants des sirènes démagogiques, et des discours trompeurs des serviteurs zélés des Grands Adorateurs du Veau d’or, qui ne cessent pourtant de façonner l’Enfer.
ANNABA, auteur de « Proférations gnostiques »[/SIZE]
Publié le 02/02/2009 à 12:00 par toulonactu

Procès de l’hormone de croissance : Relaxe générale. (Le Monde du 16 janvier 2009).
Face à plus de cent victimes, pour le juge, la dangerosité des hormones de croissance extraite des hypophyses, n’était pas connue par la science au moment des faits en 1980.
Or, dans un blog de février 2008, je citais Le Monde du 15 février : « une agrégée de médecine vétérinaire déclare : À partir de 1974, il y a beaucoup d’alertes sur les risques… publication en 1975 dans la revue Nature… 1976, la menace se précise… 1981, un rapport du département de la santé britannique conclut que les hypophyses des sujets déments ne doivent pas être prélevées pour la fabrication des hormones de croissance. Une spécialiste de la maladie de Creutzfeld-Jacob, qui, alertant dès 1984 un patron de la Pitié-Salpêtrière, s’était entendu répondre : "On ne peut rien faire. C’est tout dans la main des syndicats, des garçons de labo qui touchent 50 francs par hypophyse. Si on arrête, on n’aura plus une autopsie" ».
Qui ment, le juge ou l’agrégée de médecine ? Devinez. Ce qui est certain, c’est qu’en France, le principe de précaution ne s’applique pas à la santé.
Pas comme en Chine, où il y a eu trois condamnations à mort dans le scandale du lait contaminé. (Aujourd’hui en France du 23 janvier 2009).
Publié le 28/01/2009 à 12:00 par toulonactu

Grande grève générale jeudi 29 janvier 2008.
L’une des principales revendications des syndicats est la hausse du pouvoir d’achat. Certains économistes ne voient également comme seul remède à la crise et au ralentissement économique, qu’une politique keynésienne, un nouveau new-deal, avec une relance par le pouvoir d’achat.
Mais depuis les années 90, les gouvernements n’ont cessé de favoriser les délocalisations et la gauche ne s’y est jamais opposée, croyant comme la droite, que l’avenir c’était la globalisation de l’économie.
Or quasiment plus aucun produit manufacturé n’est fabriqué en France. Même la moitié des fruits et légumes viennent de l’étranger ; une augmentation du pouvoir d’achat n’aura donc aucun effet sur l’économie du pays ; elle confortera à sa mesure, la croissance des pays asiatiques. En revanche elle endettera encore plus l’Etat, c’est à dire les générations futures déjà bien mal parties.
La seule solution pour faire revenir les entreprise, donc pour dynamiser l’emploi et donc améliorer le pouvoir d’achat, c’est de briser un tabou et d’instaurer enfin un certain protectionnisme. Il s’agit de l’éco-taxe et de la socio-taxe sur les produits en provenance de l’Asie. Une taxation que ni la gauche ni la droite ne veulent, par idéologie néo-libérale. Mais surtout, parce que les nations européennes n’ont plus aucun pouvoir ; l’Organisation Mondiale du Commerce interdit de telles taxes. Or l’OMC est une organisation noyautée par les responsables des multinationales, qui n’ont été élus par personne et qui font la loi ; les gouvernements leur obéissant au doigt et à l’œil. Sauf les État-Unis qui font ce qu’ils veulent : « Pékin accuse Washington de protectionnisme » (Le Figaro du 24/01/2008).
Tant qu’à descendre dans la rue, c’est la seule revendication rationnelle ; tout le reste n’est qu’agitation de schizophrènes.[/SIZE]
Publié le 13/11/2008 à 12:00 par toulonactu
Pauvres et cons à la fois :
Les pauvres sont très cons, c’est pourquoi les riches et leurs copains les politiques, les ont bien eus. En France, il y avait plein d’usines, peu de chômage. Les salaires n’étaient peut-être pas mirobolants, mais sur le plan de la protection sociale, il n’y avait pas mieux ailleurs.
Et puis la Mondialisation ( du fric) est arrivée, encensée par les élus et les journalistes de tous bords. C’était la panacée. Les chefs d’entreprises bénéficiaient de marges correctes, mais on leur a laissé délocaliser leurs usines là où les salaires étaient très bas, pour qu’ils s’en mettre dix fois plus dans les poches. C’est ainsi qu’il y eu plus de riches et plus de pauvres. Mais les pauvres devenant plus pauvres, ils se précipitaient ( endoctrinés en plus par la publicité ), sur les marchandises venues de pays lointains, fabriquées n’importe comment, mais prétendument bon marché ! En fait, justes un peu moins cher que les produits fabriqués sur place. Les gouvernements et la presse leur disaient que leur pouvoir d’achat augmentait et ils le croyaient. Leur travail s’en allait, mais il semble qu’ils ne s’en apercevaient pas. Aujourd’hui, à part des Airbus, des centrales nucléaires et quelques bagnoles (plus pour longtemps), plus rien n’est fabriqué en France. La conséquence c’est que l’Etat et les collectivités ont de moins en moins de ressources et de plus en plus de charges ; c’est pourquoi ils rognent les prestations sociales. Mais les pauvres au lieu de boycotter tous les produits des multinationales fabriqués dans ces pays où les salariés et l’environnement sont sur-exploités, continuent à entretenir leur malheur et celui de leurs enfants.
Noël est bientôt là ; ils vont encore pleurer qu’ils n’y arrivent pas et parce que le chômage augmente, mais ils vont tous se précipiter dans ces grand magasins acheter des jouets, dont pas un n’est fabriqué en France. Nous ne fabriquons plus rien, et si nous sommes foutus, c’est la faute bien sûr de tous ces « âpres au gain », mais aussi celle des pauvres qui, sans doute à cause des analphabètes des médias, ont, depuis déjà longtemps, perdu tout bon sens.
Annaba, auteur de « Bienheureux les enfants de la Mère »
Publié le 12/11/2008 à 12:00 par toulonactu
Compassion et concurrence économique :
Dans « Var-Matin » du 9 novembre 2008 : une enquête sur les Roms, « les plus pauvres parmi les pauvres ».
En Roumanie ils sont sujets aux brimades, à l’exclusion et aux discriminations. Mais depuis qu’ils sont citoyens européens, ils ont le droit de vivre en France, même si personne ne nous a demandé notre avis !
D’autre part dans les critères d’adhésion à l’Europe, « les États membres doivent respecter l’état de droit et la protection des minorités ». Et c’est bon pour la France mais pas pour la Roumanie ! C’est vraiment du « n’importe quoi » cette Europe !
Le début de l’article commence ainsi : « Alin a 23 ans. Ses deux enfants galopent dans la caravane, le troisième va naître bientôt… »
La France un pays où l’on vient pour pondre ! (On met au monde un enfant après mures réflexions et en ayant conscience de ses responsabilités, sinon… comme un animal, on pond !)
En revanche, chaque jour, des entreprises françaises délocalisent en Roumanie parce que la main d’œuvre y est moins cher. On se pince pour être sûr qu’on n’est pas dans un mauvais rêve !
La loi est de plus en plus stricte en ce qui concerne le stationnement des camping-cars, ce qui est normal, surtout pour des raisons d’hygiène, mais il suffit d’être clandestin et de venir s’installer n’importe où avec vingt ou cinquante caravanes pour faire impunément n’importe quoi, devant des forces de l’ordre totalement impuissantes !
Et celui qui n’est pas content et qui le dit, se retrouve sous le coup de la stupide et inique loi « Gayssot ». Comme si, s’élever contre des pratiques illégales et dangereuses, c’était xénophobe sous le prétexte qu’il s’agit d’étrangers.
D’où vient cette compassion pour les étrangers, les clandestins et autres Roms qui, rejetés par leurs pays, viennent réclamer des droits en France ?
Cette fausse compassion et cette lâcheté commune devant les problèmes de l’immigration clandestine, creusent le lit du racisme de demain et des conflits qu’on voit déjà poindre entre les communautés, lorsque la survie des derniers arrivants empiète sur la vie des premiers.
Si un pays tel que la France, à la pointe dans le monde en matière de protections sociales, acquises de hautes luttes, s’ouvre sans contrôle à tous les damnés de la terre, c’est à plus ou moins longue échéance, la fin de ces acquis. Et en effet ils ont déjà été largement entamés. Quel est l’intérêt des Français, qu’ils soient de « souche » ou d’origine immigrée, à favoriser la multiplication des bénéficiaires d’un « gâteau » déjà réduit par une récession définitivement installée ? (une récession, conséquence évidente d’une politique néo-libérale absurde de délocalisations effrénées).
En quoi des hypothétiques « droits de l’homme » devraient-ils avoir priorité sur les droits des citoyens à recueillir le fruit de leur labeur et des cotisations qu’ils ont versées?
Il est étrange que des associations accourent pour défendre des immigrés clandestins dont ils ne connaissent aucunement les motivations profondes, alors qu’ils se soucient peu des pauvres qui sont dans leur rue ; entre autres, de ces personnes âgées qui, après une vie de travail mal payé, sont obligées de ramasser dans le caniveau, quelques fruits et légumes à la fermeture des marchés. N’y a-t-il pas déjà suffisamment de nécessiteux dans ce pays sans en accueillir encore et encore ?
En fait derrière les bons sentiments se cache l’enfer de la démagogie. Des questions cruciales pour l’avenir sont transformées ainsi, avec l’appui des médias, en instrument de combat idéologique. Une attitude incohérente, dangereuse pour l’avenir, mais dans quel but ?
Par charité chrétienne ? Qu’est-ce que c’est ? Qui vit comme un chrétien aujourd’hui ? De l’école à l’entreprise, c’est la compétitivité, la concurrence, la domination qui est inculquée, et ce n’est pas d’aujourd’hui. La charité est une gageure dans un tel monde, où chacun ne cherche qu’à écraser son voisin ! Quelle comédie ! En quoi la classe moyenne, déjà exploitée et ponctionnée, devrait-elle encore payer plus d’impôts pour entretenir tous ceux qui passent à travers des frontières si mal gardées ? Pour satisfaire à la morale ? Sur quoi repose cette morale ? Sur l’exemple des grandes fortunes expatriées dans des paradis fiscaux ? Des élus grassement payés par les contribuables, alors qu’ils sont tous, à droite comme à gauche, à la solde des « lobbies » des multinationales ?
Il n’est pas toujours facile déjà, d’être solidaire des membres de sa famille et de ses amis, qu’est-ce qui nous obligerait à l’être de personne que nous ne connaissons ni d’Ève ni d’Adam ? Que d’années d’endoctrinement pour faire croire aux pauvres qu’ils doivent aide et assistance aux autres pauvres ! Jusqu’à faire de l’égoïsme, un péché laïque ! Quelle dérision !
Faire la charité, c’est cautionner un mauvais système ( le capitalisme financiarisé et globalisé), qui ainsi, va perdurer et continuer à engendrer la pauvreté.
La Charité s’immisce là où la Justice a été renversée.
C’est à dire que la charité légitime l’injustice.
Commençons par boycotter tous les produits de ces multinationales qui génèrent la misère partout sur cette planète ; afin de supprimer ainsi une des causes de l’injustice dans le monde.
Mais nous sommes nous-mêmes bien trop accros à notre surconsommation superfétatoire, rendue possible par l’exploitation des peuples, des terres et des ressources minières du « Tiers monde » par les multinationales. Et ce complexe de culpabilité nous fait préférer les illusions de la solidarité, terme laïcisé de la charité, au détriment de l’avenir de nos propres enfants.
Annaba, auteur de « Bienheureux les stériles »: philippe.annaba.free.fr
Publié le 28/10/2008 à 12:00 par toulonactu
Les clandestins :
Pourquoi, plutôt que de risquer leur vie en traversant la mer avec des embarcations de fortune, les clandestins ne restent-ils pas chez eux pour cultiver la terre et nourrir leurs familles ?
Parce que le plus souvent ils ont été chassés de leurs terres par les multinationales (avec bien sûr l’aide de l’armée et de la police locale, obéissant aux ordres de soi-disant chefs d’Etat mis en place par des guerres, financées par les « dessous de table » des dites multinationales). Ainsi les Occidentaux peuvent manger des bananes, des ananas et autres produits exotiques, plutôt que leurs fruits et légumes de saison. Ainsi il peuvent mettre de l’essence dans leur voiture ou du fioul dans leur chaudière. Ainsi il peuvent acheter des diamants à leur maîtresses. Ainsi nous pouvons alimenter nos centrales nucléaires, consommer des boissons conditionnées dans des boites d’aluminium que l’on jette (n’importe où). Ainsi d’autres Occidentaux en exploitant la terre de ceux qu’ils ont chassé et une main d’œuvre bon marché, peuvent s’en mettre plein les fouilles et se pavaner sur des super Yachts.
Les politiques continuent à prêcher la croissance, à prévoir la construction de gratte-ciels de plus en plus hauts, et à distribuer à qui gueule le plus fort, une manne, qui depuis déjà longtemps ne tombe plus du ciel. Les industriels continuent à spolier les ressources naturelles et à polluer tout en revêtant hypocritement la « peau d’âne » du développement durable.
Et les benêts continuent à manifester dans les rues pour leur pouvoir d’achat, le pouvoir de remplir leurs caddies à raz-bord.
Nous nous croyons innocents de ce qui nous arrive (le pire est à venir), mais nous sommes entièrement responsables de ce que nous faisons au monde, et le KARMA de cette civilisation de la mort est si noir que nous n’échapperons pas sa loi. Nous ne subissons que la conséquence de notre ignorance, de notre passivité et de notre lâcheté. Depuis trente ans nous refusons d’écouter les « objecteurs de croissance » et les partisans de la « simplicité volontaire ». Après avoir écouté sans méfiance les marchands, vendeurs de faux bonheurs, maintenant il ne nous reste plus qu à subir l’inéluctable malheur.
Annaba, auteur de « Bienheureux les enfants de la Mère »
Publié le 22/10/2008 à 12:00 par toulonactu
Contre-jour à propos de la disparition de
Sœur Emmanuelle :
Cioran disait qu’« Aimer son prochain est une chose inconcevable. Est-ce qu’on demande à un virus d’aimer un autre virus ? » […]
Dans ses Cahiers, il écrit que « Le prochain, dans le sens physique du mot, non, je ne l’ai jamais aimé : et d’ailleurs, on ne peut l’aimer. Il est essentiellement haïssable, pour tout le monde. Et si on ne peut aimer le prochain qu’on connaît, à quoi rime d’aimer le prochain qu’on ignore… En résumé, on peut avoir pour les hommes de la pitié, mais de l’amour… »
« Aime ton prochain comme toi-même » est une gageure mais elle a permis aux Pères de l’Église de prêcher la charité surtout pour leur plus grand profit.
Quant au marquis de Sade dans La philosophie dans le boudoir, il écrit :
« Loin de nous, Eugénie, les vertus qui ne font que des ingrats!… la bienfaisance est bien plutôt un vice de l'orgueil qu'une véritable vertu de l'âme; c'est par ostentation qu'on soulage ses semblables… elle accoutume le pauvre à des secours qui détériorent son énergie; il ne travaille plus quand il attend vos charités, et devient, dès qu'elles lui manquent, un voleur et un assassin… »
Précisons que dans l'Ancien Testament, la Bible des moines de Maredsous, « tu aimeras ton prochain » concerne en fait l'entraide due à tout autre israélite, et dans celle de Chouraqui cela signifie : aime ton compagnon.
La charité est essentiellement chrétienne « aimez-vous les uns les autres ». Hors du véritable christianisme, c’est le comble de l’hypocrisie et de la démagogie : on nous demande d’aimer toute l’humanité, d’être fraternel avec tous, et en même temps on nous enseigne la compétition, on nous incite à rivaliser avec chacun et à être le meilleur, à gagner. Les lois de la concurrence sont les nouvelles Tables de la Loi ; elles nécessitent l’envie, la jalousie, la haine, et ne peuvent s’encombrer de sentiments, de pitié, de compassion… alors d’amour… Quelle confusion !.. Quelle dérision !.. Quelle mascarade !.. Les chrétiens devraient pourtant se souvenir de cette parole de Jésus : « Il est impossible qu’un serviteur serve deux maîtres ».
Dans le Coran, l’aumône est l’un des cinq piliers de l’Islam. Mais cette charité, cette aide qui est due au plus faible, ne concerne que les musulmans, et évidemment pas les infidèles.
Quant au bouddhisme et aux philosophies extrêmes-orientales, leur conception de la charité est résumée dans cette citation de Lao-tseu : « Pouvez-vous vous désintéresser d’autrui pour vous rechercher vous-même ?.. »
Dans les Upanishad, livre sacré de l’Hindouisme, il est dit : « Ce n’est pas pour l’amour des êtres qu’on chérit les êtres, c’est pour l’amour de soi ».
Quant au Bouddha il disait que "Chaque homme est son propre refuge". Il exhortait ses disciples à être un "refuge pour eux-mêmes" et ne jamais chercher refuge ou aide auprès d’un "autre". Il enseignait, encourageait et stimulait chacun à travailler à son émancipation spirituelle, mais se souciait peu de leur bien-être matériel, qui en fait, n’est qu’un bien-avoir.
En effet, le sage n'a rien à faire de la charité. S'il a fait le choix de ne pas devenir l'esclave des désirs et des passions, ce n'est pas pour aider les autres à y succomber.
Ce qui est curieux, c’est que Dieu est mort depuis Nietzsche, et qu’en effet les églises se vident, mais qu’on parle de plus en plus d’amour et d’entraide universels.
Depuis les Lumières, la société occidentale a encore gagné en mensonge et en hypocrisie avec toute la quincaillerie de la nouvelle Sainte-Trinité : liberté, égalité et fraternité.
À l’expérience il est évident que ces mots ne sont qu’illusion et ne recouvrent aucune réalité.
Dans Le Cauchemar de Don Quichotte, Amiech et Mattern, écrivent : « Il est crucial de souligner qu’il n’y a pas grand sens à plaquer une idéologie d’amour et de fraternité universelle sur ce que nous sommes en train de faire du monde ».
Les prophètes de la Charité, certains naïvement, d’autres par calcul, servent de dégrippant aux rouages de la société afin que ceux-ci ne se bloquent pas. Pourquoi ne frappent-ils pas plutôt aux portes des milliers de Français très fortunés, qui vivent en Suisse ou dans des paradis fiscaux, pour ne pas payer d’impôts en France ? Bien sûr, c’est plus facile et bien hypocrite, de venir pleurer misère par le canal de la télévision, dans tous les foyers de ceux qui sont déjà écrasés de taxes et de prélèvements divers. Toutes ces émissions, dites caritatives, parrainées par des vedettes du show-biz, qui se font payer la plus grosse partie de leurs cachets dans des paradis fiscaux, quel écœurement ! Mais soutenir une cause humanitaire, du footballeur au chanteur, c’est à l’évidence incontournable pour leur image de marque.
Les médias intoxiquent téléspectateurs et lecteurs en glorifiant les top-models et autres vedettes qui auraient « le cœur sur la main » alors que le seul but de l’opération c’est encore de conditionner les pauvres et tous les exploités pour qu’ils soulagent la misère du monde, dont les responsables sont ces multinationales, aux budgets faramineux, et dont les vedettes côtoient les responsables. On les voit aussi cul et chemise avec les politiciens dans la presse « people » où ils se gaussent d’ailleurs de la bêtise et de la naïveté du peuple !
Le but de toute cette mascarade ? Faire oublier que hormis les handicapés, chacun est d’abord responsable de son propre sort et surtout de celui de ses enfants.
L’appel à la charité publique révèle le pire des cynismes. Après les méfaits du colonialisme, des multinationales gérées par la Finance mondiale ont mis en place, par la guerre, de prétendus responsables politiques pour spolier les ressources des pays pauvres. Ils ont provoqué la déforestation et la destruction de leurs cultures vivrières au profit de cultures d’exportation et de productions minières. Ils génèrent ainsi la misère de peuples entiers, tout en apportant aux Occidentaux un confort de plus en plus superfétatoire. Des Occidentaux qu’on cherche ensuite à culpabiliser en leur montrant sur leurs écrans de télévision la maladie, la faim, et la mort.
De multiples associations, d’ailleurs en pleine lutte de concurrence, nous tendent la main avec indécence, sans jamais expliquer quelle est la cause de cette misère : notre propre confort et notre consommation incessante de produits inutiles et jetables.
On dit que l’argent ne fait pas le bonheur, mais aujourd’hui, grâce aux médias, c’est le malheur qui fait de l’argent et qui souvent, fait vivre une armée de gentils membres d’associations aussi bidon que grassement subventionnées.
La charité, la solidarité ne sont concevables que lorsqu’elles sont une affaire de conscience personnelle, et qu’elles s’adressent à ceux qu’on a choisi d’aider, parce qu’ils méritent notre aide ou que l’on a une relation privilégiée avec eux. Dès que la charité et la solidarité sont institutionnalisées par la religion ou la politique elles sont automatiquement amenées à servir en fait les intérêts de ceux qui la gèrent.
Se faire aimer des hommes et acquérir de la renommée est facile en les flattant et en leur promettant la lune.
Mais le désordre est inéluctablement la conséquence de la démagogie. Que l’homme commence déjà par respecter son voisin, avant de prétendre sauver l’humanité.
La Charité s’immisce là où la Justice a été renversée.
C’est à dire que la charité légitime l’injustice.
Tous les bons Samaritains qui font appel à la charité publique, feraient mieux de communiquer sur les moyens de contraception et surtout sur la responsabilité de tous les parents, vis à vis de leur propre misère et de celle de leurs enfants.
Faire la charité, c’est cautionner un mauvais système qui ainsi va perdurer et continuer à engendrer la pauvreté.
Je terminerai avec cette citation de Henri David Thoreau « Le froid et la faim me paraissent moins hostiles que les méthodes inventées par l’homme pour s’en préserver ».
Annaba, auteur de
« Bienheureux les enfants de la Mère ».
Publié le 22/10/2008 à 12:00 par toulonactu
Le Trou de la Sécu : « Aujourd’hui en France » du 21/10/2008 revient sur les graves maladies causées par un produit fongicide incorporé dans des fauteuils vendus par Conforama. En passant, relevons qu’il n’est pas fait mention de l’origine de fabrication des dits fauteuils : la Chine encore une fois.
En revanche l’on y apprend que l’Assurance maladie va demander des dommages et intérêts à l’entreprise, pour se faire rembourser toutes ces dépenses médicales (consultations, radios, hospitalisations etc.).
Et c’est bien normal. Mais pourquoi l’Assurance maladie ne récupère-t-elle pas les faramineuses dépenses de soins consécutives aux accidents de la route, auprès des compagnies privées d’assurance automobile ?
J’ai posé cette question par écrit à Madame Roselyne Bachelot, ministre de la santé qui n’a pas daigné me répondre ; ainsi qu’à des députés, qui m’ont répondu qu’ils n’en savaient rien, autant dire qu’ils s’en foutent.
Depuis des années, des sommes colossales sont ainsi offertes à ces sociétés privées, alors que les politiques ne cessent de rogner les remboursements aux cotisants pour combler le fameux trou de la SS. De qui se moque-t-on ?
ANNABA, auteur de « Bienheureux les enfants de la Mère »
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Publié le 07/10/2008 à 12:00 par toulonactu
Suite du livre en train de s’écrire, intitulé :
Traité de savoir-survivre à l’usage
des jeunes générations.
Pour les épicuriens, le véritable plaisir se situe dans l’inaction, le repos et la détente, là où l’âme et le corps fusionnent.
Pourquoi la paresse est-elle l’un des sept péchés capitaux, alors qu’au début de l’histoire elle est une donnée de la nature et que le travail apparaît comme une damnation, subie par l’esclave ?
La main dans la main le faux christianisme et le vrai capitalisme nous ont conditionnés à toujours agir, à toujours nous dépasser, à accumuler. Si dans la Bible Dieu dit : « Tu te nourriras à la sueur de ton front », Jésus heureusement répond : « Regardez les oiseaux des champs, ils ne sèment ni ne moissonnent ». Quant au Coran, pour se conformer à la volonté du Tout-Puissant il demande de suivre l’exemple des fourmis et des abeilles et de mépriser les distractions.
Pour la société marchande la paresse est à combattre, c’est du temps perdu. Le système n’accepte que ce qui se quantifie, ce qui est utilisable ou échangeable. Une vue aussi courte que la notion de Produit Intérieur Brut qui ignore les actions du bénévolat mais tient compte des indemnités versées par les assurances, après les catastrophes naturelles !
Tous les affairés, les stressés et autres agités qui s’escriment à remplir de vent le vide de leur existence, sont conditionnés à surveiller les oisifs, à froncer des sourcils réprobateurs devant les rêveurs.
Des handicapés de l'esprit qui font la loi alors qu'ils n'ont jamais su penser par eux-mêmes. Ils ne voient le monde qu'à travers la grille de valeurs créées par la société pour la société. Ils courent tous si vite qu'ils ne peuvent se rendre compte que c'est eux-mêmes qu'ils fuient.
Pourtant, Pythagore conseillait déjà à ses disciples, de ne pas trop travailler, ni de trop manger.
L'oisif a l'habitude de la liberté, des chemins de traverse. Il a le temps de s'envoler au gré de son intuition ou de son imagination. Il n'est pas obligé, par le respect des délais et des plannings, à n'emprunter que les autoroutes de la pensée.
« Travaillez, travaillez, prolétaires, pour agrandir la fortune sociale et vos misères individuelles, travaillez, travaillez, pour que, devenant plus pauvres, vous ayez plus de raisons de travailler et d’être misérables.. Telle est la loi inexorable de la production capitaliste ».
« Il faut que le prolétariat foule aux pieds les préjugés de la morale chrétienne, économique, libre-penseuse ; il faut qu’il retourne aux instincts naturels, qu’il proclame les Droits à la paresse, mille et mille fois plus nobles et plus sacrés que les phtisiques Droits de l’homme, concoctés par les avocats métaphysiciens de la révolution bourgeoise… »
« Ô Paresse, prend pitié de notre longue misère ! Ô Paresse, mère des arts et des nobles vertus, sois le baume des angoisses humaines. »
Paul Lafargue (1842-1911), Le droit à la paresse
Aucune attitude n'est plus subversive que la paresse. C’est la seule résistance non-violente possible face à l’imposture des puissants, aux maniaques du profit, aux pollueurs cyniques et aux endoctrinés du travail. En fait les paresseux sont de véritables saints, puisqu’ils ne cherchent pas à nuire aux autres, ils sont trop nonchalants pour se laisser aller à la haine, à la jalousie et à l’envie. C’est eux que les peuples devraient choisir pour gouverner, la paix règnerait enfin sur terre.
Avant d’obéir aux ordres du politiquement correct, avant de se retrouver enfermé dans la cage des conditionnements, celui qui veut comprendre le monde et se connaître lui-même, doit avoir le courage de prendre le temps de l'observation. Il sera aussitôt traité de paresseux, il devra résister aux critiques et quolibets des agités. Paradoxalement le paresseux ne doit jamais perdre sa vigilance.
À l’époque de la vitesse et de la compétitivité érigée en système, la connaissance de soi est devenue quasiment impossible ; c’est une gageure. Pourtant c’est la seule véritable richesse parce qu’elle ne peut être perdue, volée ou détruite.
L'oisiveté a toujours été considérée comme un vice par ceux qui sont incapables de penser réellement, incapables de conduire une démarche de l'esprit de façon autonome, hors du conditionnement social.
Ils détestent l'oisiveté parce qu'elle leur donne le vertige.
Le vertige devant le vide de leur cerveau.
Un cerveau strictement cantonné à l'enregistrement des signaux émis par le Grand Logiciel Social. Des signaux du type "L'avenir est à ceux qui se lèvent tôt" ou "Ne jamais remettre au lendemain ce qu'on peut faire le jour même".
Par définition personne ne peut se rendre compte de ses propres conditionnements. Aujourd’hui les gens sont conditionnés par l’humanitaire, la solidarité, le progrès, le bonheur, comme ils l’étaient précédemment par la religion, le travail, la famille ou la patrie. Un conditionnement social chasse l’autre.
A longueur de journée les médias présentent les malheurs du monde à travers des portraits d’hommes, de femmes et d’enfants dans des situations de misère extrême du fait de la famine ou de la guerre.
C’est pour imprimer en chaque électeur de base des sentiments de culpabilité. Il s’agit pour les politiques et pour tous ceux qui profitent du commerce de l’humanitaire et du commerce tout court, de pouvoir toujours compter sur une armée de naïfs très sensibilisés à une foison de faux problèmes. Les manipulateurs ayant l’art de faire croire qu’ils sont les seuls à détenir les réponses.
Il y a une profonde contradiction à faire confiance aux institutions, qui selon Spinoza, doivent contraindre les dirigeants à la vertu, puisque ce sont les hommes eux-mêmes qui fondent et gèrent les institutions. Or comment des êtres conduits surtout par l’intérêt, le désir de gloire, de pouvoir, de richesse ou emportés par la haine, aveuglés par les idées reçues, pourraient-ils mettre en place des institutions véritablement démocratiques ?
Pour Tchouang-tseu déjà, "un prince ne se distingue pas d’un brigand".
La démocratie est censée déléguer aux élus le pouvoir du peuple afin qu’ils le servent. En fait par la technique de la démagogie télévisuelle, la plupart des élus usurpent encore plus facilement qu’avant, le pouvoir du peuple pour satisfaire leur ego démesuré tout au service de Mammon, le Dieu Profit.
Ceux qui ont la chance et le bonheur de vivre dans une démocratie, et qui profitent de la liberté pour se livrer à la démagogie, au mensonge, à la calomnie et à la corruption, font ainsi le lit du fascisme et sont les plus grands des criminels.
Près d’un siècle plus tard, il semble inconcevable que tant d’hommes aient été victimes de la boucherie de 14-18, une hécatombe supportée à l’époque sous le prétexte dérisoire du patriotisme.
Aujourd’hui les travailleurs acceptent d’être ponctionnés de plus des trois quarts de leur salaire (part patronale comprise), sous le prétexte de Solidarité. Fausse solidarité parce qu’à côté de prélèvements tout à fait justifiés comme ceux qui concernent le chômage, la santé ou la retraite, ils doivent payer aussi pour soulager la misère du monde qui n’est pas de leur fait, qui est le fait de la corruption et de l’abus de pouvoir et de la bêtise.
Ils sont saignés à blanc pour que tous ceux qui les grugent puissent continuer leur exploitation et que les parasites puissent continuer à consommer et à procréer.
La société inculque la solidarité à ses membres tout simplement pour que jamais l’instinct naturel de procréer ne soit mis en cause. Comme si tous les membres de la société étaient solidairement responsables de tous ceux qui y naissent.
Alors que nous ne sommes pas responsable de notre propre naissance, la société nous rend responsable de toutes les naissances.
Celui qui part à la recherche de soi, qui cherche à se libérer d’un maximum de conditionnements sociaux, se retrouve évidemment seul face à tous ceux qui n’ont pas accompli la même démarche.
Rare sont ceux qui ont la force de résister à la pression sociale. Les autres doivent ruser, feindre, conserver un vernis d’être social et continuer leur voyage intérieur en bon acteur, en respectant un minimum de conventions extérieures pour donner le change. Sinon la société vous brise, comme elle a détruit avec patience et méthode Antonin Artaud et tant d’autres.
Si chacun savait à quel point il est seul et incompris, il se suiciderait à l’instant. Mais la société a inventé pour ses rouages humains mille artifices pour qu’ils soient tous persuadés de servir à quelque chose et la nature a mis suffisamment d'hypocrisie en chacun de nous pour faire croire aux autres que nous nous intéressons à eux.
Lorsqu’on connaît parfaitement l’homme, on voit clair dans son jeu. On prévoit ses erreurs et ce qui l’attend au tournant.
Les autres ne comprennent pas notre manque d’étonnement face aux catastrophes qui les frappent, ni nos yeux secs devant les malheurs qu’ils subissent. Mais comment s’étonner de ce qui est inéluctable, de ce qui n’est que la conséquence directe de la mécanique de la survie de l’espèce et de la propagation du genre humain.
Avant la radio et la télévision, la société avait inventé les fêtes, les foires, les carnavals, et même les processions pour occuper l’esprit des hommes entre deux corvées.
Fanfares, cris, chants, mouvements, lumières, couleurs, mais si peu de joie dans les cœurs.
Les costumes et les masques ne parviennent même pas à cacher la tristesse et l’ennui.
Nous laissons notre mémoire se transformer en dépotoir où se déversent en continu matraquages publicitaires, informations inutiles et discours dérisoires.
Trop d’informations incohérentes et désordonnées tuent l’information. Pollutions de l'esprit, insultes permanentes au silence, à la méditation, à la reconquête de soi.
C'est pourquoi il est urgent de s'entraîner au tri sélectif.
Il faut se protéger de la " Tyrannie de la Marchandise " en ajustant des filtres à chacun de nos sens.
Les escrocs, pour leurs inavouables affaires et pour satisfaire leur volonté de puissance ont toujours cherché, dans le passé, à gouverner les hommes en leur faisant croire qu’ils obéissaient à Dieu et qu’il fallait faire confiance à Sa Providence. Une immense supercherie qui n’a pas vraiment disparue, mais qui s’est fondue dans la croyance au progrès, à l’égalité, à la fraternité et à la liberté. Où sont l’égalité, la fraternité et la liberté dans le monde aujourd’hui, après deux cents ans de productivité continue ?
En ce qui concerne le Progrès, c’est toujours la même source ; le Dieu de la Bible qui a donné la Terre aux hommes afin qu’ils l’exploitent. Et pour l’exploiter, ils l’ont exploitée, et la grande masse des hommes avec.
Or Gaïa est un Organisme vivant dont l’homme est partie prenante. Mais cette créature ratée ne se lasse pas de la dégrader, de la briser, comme si ce n’était que son jouet. Se faisant, c’est contre lui bien sûr que se retournent ses agitations. Si les écologistes nous incitent avec raison à respecter la nature, l'homme étant « plus bête que les bêtes », comme disait Diogène, il ne veut pas comprendre ce message, d'ailleurs très mal ciblé. En effet la nature se moque complètement qu'on la respecte ou non. Elle n’est pas née d’hier. D'un cataclysme à l'autre, elle retournera encore la terre et ses misérables habitants avec. C'est lui-même et ses semblables que l'homme doit respecter s'il ne veut pas mourir étouffé par ses propres déchets. Mais voilà, l’homme est le seul animal incapable de se respecter lui-même.
Si l’homme doit préserver la nature c’est dans son seul intérêt, puisqu’il est la première et la seule victime consciente de ses propres errements.
Mais si l’espèce humaine n’est pas capable de protéger son environnement, c’est qu’elle ne mérite pas de survivre.
ANNABA
(A SUIVRE)